Après plusieurs semaines de natation, notre corps doit progressivement se réadapter aux impacts et aux contraintes de la course. Comment reprendre en douceur, sans perdre le plaisir de bouger ?
Si comme moi vous avez troqué les runs de l’été pour quelques belles longueurs dans la mer, attention au moment de remettre les baskets !
La natation est une activité dite « portée » : l’eau soutient une grande partie du poids du corps et limite considérablement les impacts sur les articulations.
La course à pied, à l’inverse, est une activité avec des impacts répétés.
Ces contraintes mécaniques ne sont pas mauvaises en soi. Au contraire, les activités en charge et les impacts adaptés peuvent participer au maintien de la densité osseuse et à la solidité du squelette.
Mais ils sollicitent également davantage les muscles, les tendons et les articulations.
Après plusieurs semaines de natation, le corps doit donc réapprendre progressivement à gérer les contraintes spécifiques de la course.
Alors, inutile de vouloir battre son record dès la première sortie !
- On reprend progressivement.
- On augmente d’abord la durée avant de chercher l’intensité.
- On alterne éventuellement marche et course.
- On laisse au corps le temps de récupérer.
- Et surtout, on reste attentif à ses sensations.
Bien entendu, si vous avez continué à courir régulièrement pendant l’été, votre reprise sera différente.
L’idée n’est pas de reprendre « comme avant », mais de reprendre là où votre corps en est aujourd’hui.
Et les articulations dans tout ça ?
On entend parfois que les impacts « nourrissent » le cartilage.
La réalité est un peu plus subtile.
Le cartilage articulaire n’est pas directement vascularisé. Il se nourrit notamment grâce aux échanges favorisés par les mouvements articulaires et le liquide synovial.
Le mouvement est donc essentiel au bon fonctionnement de nos articulations.
Pour autant, lorsque certaines articulations sont fragilisées ou lorsqu’une personne souffre notamment d’arthrose, l’activité doit être choisie et dosée en fonction de la situation.
Les activités portées ou avec moins d’impact peuvent alors être particulièrement intéressantes :
- vélo
- natation
- aquagym
- aquabike
- marche
Une piscine près de chez vous ?
Allez nager, faites quelques longueurs, participez à un cours d’aquagym ou d’aquabike… et pourquoi pas simplement barboter !
Parce que oui, bouger peut aussi être ludique.
Ces activités permettent de travailler l’endurance, la tonicité musculaire, la coordination et la mobilité tout en limitant les contraintes liées aux impacts.
Comment commencer… et surtout continuer ?
Le plus difficile n’est pas toujours de commencer.
C’est souvent de tenir dans la durée.
Et pour cela, mieux vaut une activité raisonnable que l’on pratique régulièrement qu’une séance héroïque tous les quinze jours !
Quelques idées simples :
Commencez par marcher.
Une marche quotidienne, même courte, est déjà une façon de remettre du mouvement dans sa journée.
Choisissez une activité que vous aimez.
Danse, yoga, vélo, natation, randonnée, renforcement musculaire, marche nordique… le choix est vaste.
Fixez-vous des objectifs progressifs.
Vous avez envie de courir ? Commencez par alterner marche et course, puis augmentez progressivement. 3 km, puis 5 km… et plus si affinités !
Bougez à plusieurs.
Un partenaire d’activité peut apporter motivation, convivialité et régularité.
Pas besoin d’une salle de sport.
Un tapis, quelques exercices au poids du corps, éventuellement de petits haltères et une bonne playlist peuvent suffire pour réaliser une séance de renforcement à domicile.
Profitez des occasions du quotidien.
Prendre les escaliers, marcher pour un court trajet, se lever régulièrement lorsque l’on travaille assis…
Chaque mouvement compte.
Et si le vrai objectif était simplement de bouger davantage ?
Nous avons parfois une vision très « sportive » de l’activité physique.
Pourtant, l’activité physique ne se résume pas au sport.
Elle comprend tous les mouvements réalisés au cours de la journée.
Et surtout, elle doit être distinguée de la sédentarité : on peut faire une séance de sport le matin et rester assis plusieurs heures ensuite.
L’un des bons réflexes consiste donc à cumuler activité physique et réduction des temps passés assis.
Se lever, marcher quelques minutes, prendre les escaliers, faire une pause active au travail…
Ce sont de petites choses, mais répétées chaque jour, elles peuvent faire une vraie différence.
Le meilleur mouvement est celui que l’on a envie de refaire
Que vous soyez sportif aguerri, grand débutant, senior, jeune parent, amateur de nature ou plutôt adepte du cocooning, il existe forcément une manière de remettre du mouvement dans votre quotidien.
Il n’est pas nécessaire de courir un marathon.
Il n’est pas nécessaire d’avoir une silhouette de sportif.
Il n’est même pas nécessaire d’aimer le sport !
Il faut simplement trouver une manière de bouger qui soit compatible avec son corps, sa vie… et si possible avec son plaisir.
Parce que le mouvement ne devrait pas être une punition.
Il peut être un moment pour soi, une façon de prendre soin de sa santé, de retrouver de l’énergie, de sortir la tête du quotidien et parfois même de se reconnecter à ses sensations.
Alors, aujourd’hui, pourquoi ne pas commencer simplement ?
Quelques minutes de marche.
Quelques étirements.
Une balade dehors.
Une séance de natation.
Un tour de vélo.
Quelques pas de danse dans le salon ?
Le mouvement commence rarement par une grande décision.
Il commence souvent par un premier pas.
Et si vous avez besoin d’un accompagnement pour retrouver progressivement une activité physique adaptée à vos capacités, à votre rythme et à vos objectifs, un professionnel de l’activité physique adaptée ou un coach qualifié pourra vous aider à construire une démarche progressive et sécurisée.
Alors, baskets, vélo, natation, marche, yoga… peu importe !
Le meilleur mouvement est encore celui que l’on a envie de refaire.
Frédérique GUIBOUT


